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Classe d'école. Mixité et enseignement en français. Palogo. Burkina Faso. Avril 2009
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UNICEF : L’éducation, la santé et la protection sociale victimes de la dette

(Société Civile Médias) – Environ un pays sur huit dans le monde consacre des sommes plus importantes à la dette qu’aux services sociaux, d’après un rapport publié par l’UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’enfance).

Ce rapport sur la Covid-19 et la crise imminente de la dette (COVID-19 and the Looming Debt Crisis) note que 25 pays du monde – dont la plupart ploient déjà sous le poids de la pauvreté et des privations – ont consacré au service de la dette en 2019 une part plus importante de leurs dépenses publiques qu’à l’éducation, à la santé et à la protection sociale réunies. Des mesures doivent être prises à l’échelle mondiale pour protéger les dépenses sociales et en particulier le droit de chaque enfant à la sécurité sociale, à l’éducation et aux services de santé, peut-on lire dans le rapport.

« Les enfants vivant dans des pays lourdement endettés qui n’ont pas beaucoup de ressources à allouer à la protection sociale, à l’éducation et à la santé ont peu de chances de s’affranchir un jour de la pauvreté et des privations », explique la Directrice générale de l’UNICEF, Henrietta Fore. « Cette situation a d’énormes coûts sur les plans personnel et public et laisse aux enfants, à leur communauté et à leur pays peu d’espoir d’un développement économique et social durable. »

Avant la pandémie de COVID-19, les pays ayant les niveaux les plus élevés de service de la dette – dont la Gambie, Haïti, le Soudan du Sud et le Tchad – consacraient au moins 3 dollars des États-Unis à la dette pour chaque dollar alloué aux services sociaux essentiels, d’après le rapport.

De plus, peut-on lire dans le rapport, le quart des pays à revenu faible ou intermédiaire – où vivent 200 millions d’enfants – sont actuellement surendettés ou risquent de l’être.

Bien que les pays du G20 aient adopté une Initiative de suspension du service de la dette allant d’avril 2020 à juin 2021, seul le tiers des pays pouvant en bénéficier y participent. À ce jour, cette initiative a contribué à maintenir le niveau des dépenses de santé et de protection sociale dans les 46 pays participants. Cependant, les dépenses d’éducation ont déjà été réduites au cours des 12 derniers mois. Il est également indiqué dans le rapport que les pays endettés ont revu à la baisse les budgets consacrés à la protection de l’enfance, à la nutrition et aux services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène.

« La pandémie a entraîné une catastrophe mondiale en matière d’éducation, à laquelle il est urgent de remédier pour éviter que la génération de la COVID-19 ne soit une génération perdue. Cependant, du fait de la COVID-19 et du fardeau de la dette pesant sur ces pays, nous observons déjà un recul des budgets consacrés à l’éducation à l’heure où les pays doivent pourtant investir en faveur de l’amélioration des écoles et des systèmes éducatifs », déclare Henrietta Fore.

Il est également noté dans le rapport que la réponse globale à la crise de la dette est trop faible par rapport à la mobilisation budgétaire d’ensemble face à la COVID-19. Le moratoire sur la dette ne porte pas actuellement sur la dette commerciale, ce qui accroît la vulnérabilité des pays à revenu intermédiaire.

Pour protéger les droits des enfants dans le sillage de la COVID-19, il est crucial d’adopter un nouveau système international de restructuration de la dette, qui se caractérise par un appui concessionnel plus important aux pays pauvres lourdement endettés, une plus grande transparence de la dette dans le cadre des processus budgétaires nationaux et une action concertée de la part des créanciers.

« Il est essentiel d’alléger et de restructurer en profondeur la dette pour assurer une reprise qui soit à la fois inclusive et durable et éviter aux enfants de subir un double fardeau : la réduction des services sociaux aujourd’hui et l’accroissement de la dette à l’avenir », explique Henrietta Fore. « Il est impératif que les organisations internationales, les créanciers et les gouvernements unissent leurs efforts pour réduire le fardeau de la dette et affecter les économies ainsi réalisées à des investissements sociaux pour tous. »

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