Archives

Catégories

Méta

PortraitsUne

Togo : Rita Léonardina Wilson de Souza, femme politique engagée pour les autres

(Société Civile Média) – Elle fait partie des 15 femmes députées sur les 91 au sein de l’Assemblée nationale togolaise. Même si elle découvre l’hémicycle pour la première fois, Rita Doris Léonardina Wilson De Souza n’est pas autant novice en politique. Ancienne ministre des Droits de l’Homme de 2010 à 2013, elle connaît un véritable parcours politique au sein de l’Union des Forces du Changement, parti de l’opposition.

A l’instar du Togo, nombreux sont les pays africains qui ne peuvent se targuer d’avoir fait des avancées en termes de parité hommes-femmes dans la représentation politique ou au parlement. Même si des efforts sont faits ces dernières années, nous sommes loin de battre en brèche un patriarcat encore vivace.

Mme Wilson-De Souza est l’une des femmes qui se battent pour que les états africains conjuguent la politique au féminin, même si c’est un défi énorme. Persuadée que l’accès des femmes à la représentation parlementaire est une garantie pour obtenir des modèles de gouvernement responsables et transparents, cette  mère de deux filles se dévoue à la cause des populations vulnérables dans un carcan peu prisé par les femmes. Avec son tempérament calme, on imagine mal cette dame aux allures pourtant imposantes, se plaire dans l’arène politique.

« La politique de développement », insiste-t-elle. Pour elle, ça fait toute la différence.  « Je ne fais pas la politique politicienne. Pour moi, il est question d’utiliser la politique pour développer  les communautés  », martèle-t-elle.

Plus qu’une passion, Mme Wilson  a vécu cet appel comme un sacerdoce. La sociologue qu’elle est,  a suivi son chemin, encouragée, peut-être un peu forcée par le cours des choses.  Cycle primaire chez les religieuses et des parents constamment affectés.  Un  périple en Europe pour débuter  le cursus secondaire et universitaire avant de revenir en Côte d’Ivoire poursuivre sa formation en sociologie.

« Mon parcours professionnel a commencé dans ce pays ou j’ai officié au sein du ministère de l’économie à la direction des statistiques. Mon travail m’a conduit à travailler avec l’UNICEF où  j’ai beaucoup collaboré avec le public vulnérable. J’ai eu l’occasion de découvrir  leur quotidien, leurs besoins  et je me suis dit pourquoi ne pas utiliser ma position pour changer quelque chose dans leurs vies ».

Un sens de devoir prononcé qui a fait naître une grande passion pour la politique. « C’est un domaine qui donne le pouvoir de changer les choses  », affirme-t-elle, l’air rêveur.

La politique pour changer le cours des choses

La passion politique, longtemps mise en veille, refait surface dès le moment où elle quitte l’UNICEF. Lorsqu’on travaille au sein du système des Nations Unies, on ne fait pas de la politique, c’est la règle.

Désormais libre de toute contrainte, Mme Wilson Doris s’y consacre entièrement. Elle   chemine avec l’Union des Forces du Changement (UFC), figure de proue de l’opposition togolaise d’alors, et manifeste son intérêt pour la cause de la femme et la jeunesse. Elle sera portée à la tête des femmes  de l’UFC.

En 2010, la militante intègre le gouvernement togolais à la faveur d’un accord entre son parti, et le parti au pouvoir. Elle est nommée Ministre des Droits de l’Homme, de la Consolidation de la Démocratie et de la Formation Civique.

« C’était une belle expérience. A cette époque, voir une femme défendre son pays devant l’Assemblée des Nations Unies n’était pas chose courante. J’en étais fière », se remémore-t-elle.

Le temps ne limite pas Mme Wilson Doris, elle veut et entend continuer à changer les choses au sein ou hors  d’un gouvernement. 

 Tête de liste de l’UFC  aux législatives de décembre dernier, Mme Wilson Doris a intégré tout récemment la 6ème législature togolaise.

Du statut de ministre à celui de députée, l’honorable reste ferme et déterminée : œuvrer pour le bien-être et le développement des communautés. Son ambition : bâtir une génération des filles fortes. 

«  Le discours sur la question du genre il existe et existera toujours. Aujourd’hui, il faut aller au-delà et apprendre à nos jeunes filles à s’affirmer en tant que femmes ».

 C’est à cela que Wilson Doris se voue, avec rigueur, perspicacité et toujours la patience qui la caractérise.

« La politique se fait avec calme et patience, il faut toujours prendre le soin d’écouter l’autre s’exprimer, le comprendre et faire ses propositions. Le radicalisme politique ne mène pas loin ».

Mme Wilson Doris De Souza a compris le « jeu politique » et compte le jouer jusqu’à son dernier retranchement.

« Et s’il fallait recommencer, je reprendrai le même chemin. La politique coule dans mes veines », confie la députée togolaise.

Edem PEDANOU (portrait réalisé dans le cadre du projet “Egbé Nana” du Pro-CEMA)