Archives

Catégories

Méta

Autonomisation de la FemmeDroits de la FemmeFemmes/EnfantsInterviewsUne

TOGO: Edwige MENSAH, ambassadrice de la jeunesse de l’UNICEF « Internet a fait de moi celle que je suis »

(Société Civile Média) – Elle aurait pu céder au découragement lorsqu’elle est devenue jeune fille mère. Mais loin de se laisser briser par son statut, Edwige MENSAH (photo) a plutôt choisi d’impacter sa communauté. Grâce à internet, cette blogueuse et Social média manager de formation et de profession sensibilise les jeunes filles sur leurs droits et sur les grossesses précoces et indésirées, contribuant non seulement à combattre ce phénomène, mais également à faire comprendre à celles qui en sont victimes que l’avenir peut encore leur sourire. Internet permet donc à Edwige MENSAH de concilier engagement citoyen et autonomisation économique. Et c’est d’ailleurs grâce aux expériences vécues avec son blog qu’elle a récemment été nommée ‘‘Ambassadrice de la jeunesse de l’UNICEF’’. Dans le cadre de l’initiative « Bexl and show it on the web », Edwige a bien voulu partager son expérience avec d’autres jeunes dans cet entretien avec Société Civile Média. Lisez-Plutôt !

Comment êtes vous devenue ambassadrice de la jeunesse de l’UNICEF ?

Tout a commencé avec mon blog, ou plus tôt, avec les posts que je faisais sur Facebook. J’ai toujours aimée écrire. Et après mon expérience personnelle de jeune fille mère, je me suis décidé à me servir de ce que je sais faire le mieux, écrire, et de l’outil que j’avais à portée de main, internet, pour partager des histoires, sensibiliser des gens, éveiller les communautés notamment les parents, les garçons et les jeunes filles sur ce que c’est que les grossesses précoces et indésirées et faire comprendre surtout que la vie ne s’arrêtait pas là. Il est vrai que vivre une telle situation peut briser, mais il est aussi vrai que quand on le veut, cette situation peut au contraire vous fortifier et vous faire aller au-delà de vos limites. Donc j’ai commencé avec mes posts sur Facebook et sur conseil d’un ami qui aime toujours rester dans l’anonymat, j’ai crée un blog sur lequel j’écrivais des histoires que beaucoup de gens aimaient et relayaient. Au fur et à mesure, ma communauté s’est créée, le blog a grandi et je compte aujourd’hui des collaboratrices. Mais de part le blog, je me suis engagée à me former en tant que Social média manager. Ce qui est devenu mon métier de base. Malgré cela, j’ai continué mon engagement, je faisais le blog, j’allais faire la couverture de certaines initiatives qui tendaient à faire la promotion de la gente féminine. Et je me suis présentée pour l’initiative « Filles aux Commandes » de Plan International Togo où j’ai été représentant résident de l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population, Ndlr). Après j’ai continué mes initiatives, j’ai fait des actions avec le GF2D (Groupe de réflexion et d’action Femme, Démocratie et Développement, Ndlr), j’ai participé au programme « Amazone 3.0 » qui est une formation pour les jeunes filles dans les TIC. Il y a également « Girls Motion » qui est né de notre expérience de « Filles aux commandes » et qui m’a permis d’aller faire des sensibilisations à l’intérieur du pays sur le droit des filles et tout ce qui va avec. C’est grâce aux expériences que j’ai vécues avec le blog et aux personnes que j’ai rencontrées grâce à cette initiatives que j’ai finalement été nommée ambassadrice de la jeunesse de l’UNICEF (Fonds des Nations unies pour l’enfance, Ndlr) au Togo. Et je précise que celle qui a proposé ma candidature m’a connu lors de l’initiative « Filles aux commandes » de Plan International Togo.

Vous semblez véritablement être une passionnée d’internet. Est-ce internet qui vous a permis de réaliser toutes les choses dont vous nous avez parlé ?

Oui sans nul doute. Comme je le disais tantôt, tout a commencé avec mes posts sur Facebook. Après ce fut le blog puis ma formation de Social media manager et tout ce que je faisais comme couverture en ligne pour des gens où les articles que j’écrivais. Je peux dire et je l’affirme, c’est internet qui a fait de moi celle que je suis. Parce que pour chaque initiative, tous les messages que je véhiculais passaient par internet, que ce soit sur le blog, par mon compte Facebook ou mon compte Twitter, tout passe par le net pour moi. C’est le moyen le plus rapide que j’ai pour toucher un certain nombre de personnes et qui me coûte aussi moins cher. Donc oui, internet a fait de moi celle que je suis.

Voulez-vous nous dire qu’internet vous a permis de réussir à concilier engagement citoyen et autonomisation économique ?

Effectivement, comme je le disais, je suis Social media manager de formation et de profession. C’est de là que je tire mes revenus financiers. En même temps, je passe par internet pour sensibiliser les jeunes filles. Et ce sont ces personnes que je rencontre virtuellement qui deviennent des personnes avec qui je fais des projets. L’exemple même est le projet « Amazone 3.0 ». Les personnes avec qui je l’ai fait, je les ai toutes connues sur internet notamment sur Facebook. Finalement, mon engagement pour les TIC et l’épanouissement des jeunes filles m’a amené à les rencontrer pour qu’on fasse ensemble ce projet.

Si vous devriez adresser un message aux jeunes filles togolaises par rapport à l’utilisation d’internet, que leur diriez-vous ?

D’en faire bonne usage, parce que souvent on en fait un mauvais usage. On passe plus de temps à discuter avec nos amis sur Whatsapp, à regarder des vidéos, à partager des audios qui n’ont aucune utilité, qui n’ont aucun impact sur notre vie. Pour l’initiative « Filles aux commandes » de Plan International Togo, j’ai postulé par internet et ça a marché. Au lieu de passer son temps dans des groupes Whatsapp à discuter parfois de choses qui ne nous apportent rien, il vaut mieux aller chercher la bonne information, au bon moment et au bon endroit. Il y a aujourd’hui des groupes Whatsapp où on passe de bonnes informations. Moi par exemple j’ai un groupe pour ma communauté, notamment les jeunes qui me lisent sur mon blog. Dans ce groupe on discute de beaucoup de sujets. Des fois même j’invite une personne ressource externe qui vient nos entretenir sur un sujet donné. Donc il faut chercher à avoir les bonnes adresses, aller sur les bonnes pages. Aujourd’hui, sur Facebook, il y a tellement de pages sur lesquelles on peut apprendre sur les choses de la vie, il y a tellement de formations gratuites et toutes ces formations se trouvent sur internet. La plupart du temps, c’est parce qu’on ne se retrouve pas au bon endroit et peut-être parce qu’on ne fréquente pas les bonnes personnes qui ont les bonnes adresses qu’on se retrouve à ne pas avoir de ces informations utiles. J’invite donc les jeunes filles à chercher les bonnes informations. Google, moi je le dis, c’est le meilleur ami de l’homme, parce qu’on peut y trouver tout ce qu’on veut et toutes les informations qui nous permettront d’apprendre, de grandir et de développer nos attitudes.

Propos recueillis par Rodolph TOMEGAH et Philippe PLAGBE

Leave a Response