Togo: L’ACAT insiste sur la nécessité de bannir la vindicte populaire

luzdelsol668
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(Société Civile Média) – Alors que de présumés voleurs continuent d’être battus, brûlés et tués par les populations, l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture au Togo (l’ACAT TOGO) s’érige en défenseur de ces victimes parfois innocentes. Opposée au phénomène de la vindicte populaire, cette organisation profite de la Journée internationale de lutte contre la peine de mort, célébrée ce 10 octobre, pour interpeller le gouvernement sur la question et le convier à « insérer la notion de la vindicte populaire dans son ordonnancement juridique ». Elle appelle par la même occasion les autorités non seulement à « prendre des mesures pour poursuivre les auteurs d’actes de vindicte populaire et les sanctionner », mais aussi à « sensibiliser la population sur le phénomène ». Voici le communiqué rendu public par l’ACAT Togo à cet effet.

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10 OCTOBRE :

16ème Journée mondiale contre la peine de mort

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Le Togo doit s’engager pour  l’incrimination de la vindicte populaire pour garantir la dignité pour tous.

 Lomé, le 10 octobre 2018.-A l’occasion de la 16ème Journée mondiale contre la peine de mort, l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture au Togo (l’ACAT TOGO) invite le Gouvernement togolais à incriminer la vindicte populaire qui s’apparente à une autre alternative à la peine de mort  pour garantir  la dignité pour tous au Togo.

En Octobre 2016, le Togo a été examiné lors de la 27ème session du deuxième cycle de l’Examen Périodique Universel (EPU). Le gouvernement togolais a accepté devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies des recommandations formulées par d’autres Etats dont figure la Recommandation N° 128.87. Cette recommandation émise par le Chili recommande au gouvernement togolais : « d’adopter des mesures pour garantir le droit à la vie, à la liberté, à la sécurité de la personne, en particulier pour prévenir la pratique de la vindicte populaire ainsi que l’impunité pour ceux qui s’en sont rendus coupables, faciliter les activités des organisations de droits de l’homme dans leur lutte contre ces pratiques ». Le Togo a adhéré à la Charte des Nations Unies de laquelle découle la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et les deux Pactes Internationaux de 1966 et leurs protocoles additionnels. Le gouvernement togolais a  donc l’obligation de respecter ses engagements internationaux.

Les minutes précédant la mort d’une victime de vindicte populaire sont marquées par des violences physiques, mentales qui portent atteinte à sa dignité. L’ACAT TOGO, dans son rôle de contrôle citoyen de l’action publique, a,  au cours de cette année 2018, relevé des cas de vindicte populaire à Lomé : Djifa-kpota,  Anfamé, Tokoin Wuiti et  à Kara :dans le canton de Yadè.

L’ACAT Togo recommande au gouvernement togolais de :

  • Mettre en application la recommandation N° 128.87 qu’il a accepté lors de la deuxième session de l’Examen Périodique Universel ;
  • Respecter ses engagements internationaux par rapport à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH), aux deux Pactes de 1966 et leurs protocoles additionnels ;
  • Insérer la notion de la vindicte populaire dans son ordonnancement juridique ;
  • Prendre des mesures pour poursuivre les auteurs d’actes de la vindicte populaire et les sanctionner ;
  • Sensibiliser la population sur le phénomène de la vindicte populaire ;
  • Appuyer les organisations de la société civile qui œuvrent dans la lutte contre le phénomène de la vindicte populaire ;
  • Renforcer la sécurité sur le territoire en mettant en place un système « d’alerte à la vindicte populaire ».

Contact presse :

ACAT Togo: Bruno Hadenacattogo@yahoo.fr