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Le carbone bleu, une solution d’avenir contre le réchauffement climatique ?

(Société Civile Médias) – Selon le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la limitation du réchauffement de la planète à 1,5 degré exige des changements radicaux et il faudrait « modifier rapidement, radicalement et de manière inédite tous les aspects de la société ». Le défi étant énorme, le carbone bleu est de plus en plus mis en avant comme l’une des solutions au réchauffement climatique. Il s’agit concrètement de mettre en place et d’entretenir des écosystèmes marins afin qu’ils absorbent puis stockent du carbone.

La réduction des émissions de gaz à effet de serre – qui sont à l’origine du réchauffement climatique – est l’un des objectifs principaux de l’accord de Paris adopté par 196 Parties lors de la COP 21 à Paris, le 12 décembre 2015 et est entré en vigueur le 4 novembre 2016. Ce traité international sur les changements climatiques incite les pays à prendre des mesures afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030.

Le carbone bleu, une formule magique ?

Ce carbone absorbé et stocké par des plantes sur les littoraux est une technique à adopter pour retirer peu à peu les gaz à effet de serre émis par l’homme dans l’atmosphère, selon une nouvelle étude scientifique parue le 28 juillet dans la revue Frontiers in Climate.

Pour Jean-Pierre Gattuso, chercheur CNRS au laboratoire d’océanographie de Villefranche-sur-Mer et l’un des auteurs de l’étude, « ces écosystèmes à carbone bleu ne sont pas uniquement des puits de CO2, ils fournissent d’énormes services aux communautés humaines pour la protection des rivages, pour la sécurité alimentaire, pour le maintien de la biodiversité, donc il y a beaucoup de bonnes raisons de restaurer ces écosystèmes, mais il ne faut pas penser qu’on va en retirer un bénéfice climatique ».

« Après avoir examiné les mécanismes par lesquels des habitats côtiers absorbent (et rejettent) des gaz à effet de serre, nous ne sommes pas convaincus du bénéfice climatique de la restauration des écosystèmes à carbone bleu », expliquent Jean-Pierre Gattuso et Phillip Williamson de l’université d’East Anglia. Selon ces deux chercheurs, la capacité de stockage du dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique dans les écosystèmes océaniques côtiers tels que les mangroves ou les marais salants est surestimée.

Une « très forte variabilité pourrait rendre l’estimation des crédits carbone attendus totalement fausse » rendant du coup impossible l’évaluation précise de la quantité de carbone stockée par ces écosystèmes dits « à carbone bleu », indiquent-ils.

En outre, « de nombreuses questions importantes relatives à la mesure des flux et du stockage du carbone n’ont pas encore été résolues, ce qui affecte la certification et peut entraîner une surcréditation ».

Renforcer la protection des écosystèmes

Le réchauffement climatique fait automatiquement référence à l’érosion de la biodiversité qui ébranle les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier.

Pour les auteurs de l’étude scientifique publiée dans la revue Frontiers in Climate, « tous les efforts doivent être faits pour stopper, et si possible renverser, la perte globale de la végétation côtière. Les écosystèmes à carbone bleu sont plus que des puits de carbone. Ils protègent les communautés côtières des tempêtes, préservent la biodiversité, servent de nurseries à des espèces commerciales et améliorent la qualité de l’eau ».

Les écosystèmes terrestres et marins constituent donc un élément de réponse essentiel contre le réchauffement climatique car ils façonnent le climat et en dépendent. Mieux, les écosystèmes sont source de nourriture, d’air respirable et d’eau propre. Les protéger ou les restaurer pourrait sensiblement contribuer à l’atténuation des changements climatiques en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et en renforçant les puits de carbone.

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