Togo : Mines et risques environnementaux, les communautés hôtes outillées pour contenir les dérives des entreprises minières

Société Civile Médias
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(Société Civile Médias) – Solidarité et Action pour le Développement Durable (SADD) outille les communautés hôtes en vue de les amener à contenir les dérives des entreprises minières notamment en ce qui concerne les impacts climatiques des exploitations minières et leurs répercussions dans leurs localités. C’est dans ce cadre qu’elle a formé divers acteurs sur les risques environnementaux et les effets d’aggravation des changements climatiques des exploitations minières sur les communautés hôtes.

Les minéraux et les métaux jouent un rôle central dans l’économie mondiale et l’exploitation minière est une source importante de développement économique dans de nombreux pays. Toutefois, les effets nocifs de cette exploitation restent un défi que la société doit reconnaître et relever.

Selon l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (IFDD), actuellement, l’amplification de l’exploitation des ressources de la planète est à la genèse d’une dégradation de l’environnement qui peut localement bouleverser les conditions de vie des communautés, notamment dans les pays en développement. Et cela se remarque depuis plusieurs années déjà dans de nombreux pays.

A titre illustratif, au Togo, le tableau des conditions de vie des communautés hôtes des exploitations minières et leur cadre de vie est fort peu enviable. Les effets néfastes d’une exploitation sauvage des ressources se font durement ressentir au niveau social, sanitaire et environnemental. Les exemples sont malheureusement nombreux, qu’ils s’agissent d’habitations détériorées par les explosifs utilisés dans les mines, ou du cas emblématique des villages de Kini-Kondji de Kpomé, de Hahotoé et de Bangeli.

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« S’il est impossible de remettre en cause le droit légitime des Etats de s’engager dans le processus d’industrialisation au sein duquel les exploitations minières occupent une place de choix malgré leurs atteintes inévitables à l’environnement, il est impératif de veiller à ce qu’il ne se réalise pas au détriment des communautés hôtes ainsi que de leur cadre de vie dont elles sont tributaires pour leurs besoins multiformes », indique Yves DOSSOU, coordonnateur de l’ONG SADD.

Contenir les dérives des entreprises minières

D’après M. DOSSOU, au vu de la situation, il devient urgent de former les parties prenantes sur les impacts environnementaux des exploitations minières et les possibles risques d’aggravation des changements climatiques par les effets induits et d’explorer les pistes pour y faire face. C’est l’objectif visé par la formation organisée les 21 et 22 juin dernier à l’intention des Comités de dialogue sociétal (CDS) et autres leaders d’opinion des communautés hôtes.

Organisée avec le soutien de financier de We Social Movements (WSM) de la Belgique et celui du Comité Catholique de lutte contre la Faim pour le Développement (CCFD) de la France, la rencontre a connu la participation de trentaine d’acteurs et a permis d’une part, d’informer ces derniers sur la problématique du changement climatique, le contexte des impacts environnementaux induits par les exploitations minières au Togo et les répercussions au niveau mondial, régional, national et local.

D’autre part, les acteurs invités ont été sensibilisés sur les risques d’aggravation des impacts des changements climatiques par les exploitations minières et informés sur le cadre juridique de protection de l’environnement au Togo, l’état de mise en application, les lacunes juridiques.

La formation a également permis de renforcer leurs capacités à se doter de stratégies en termes de mesures d’adaptation ou d’atténuation pour y faire face au niveau local. Des actions d’adaptation et d’atténuation des répercussions du changement climatique ont été proposées à cet effet.

Des chefs traditionnels, notables, responsables CCD, CDV, CDQ, des élus locaux et agents des collectivités locales (commune, préfecture, canton) et autres personnes ressources des communautés hôtes ont participé à cette rencontre dont les communications ont porté sur plusieurs aspects entre autres : la mise en œuvre de la loi-cadre sur l’environnement par les entreprises minières ; les impacts environnementaux de l’exploitation minière et leurs corrélations avec la problématique du changement climatique au Togo ; les possibles actions d’adaptation et d’atténuation à développer dans les localités minières ; le devoir de vigilance.