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Togo/JIF 2021 : Sa mission, son engagement, l’auto-développement des jeunes…la “Jeune femme leader 2020” se confie

(Société Civile Médias) – Elue “Jeune femme leader 2020” en décembre dernier, Délali Dorcas Essilivi était l’une des invités du débat organisé lundi 8 mars par l’association des femmes de l’Office Togolaise des Recettes (OTR) dans le cadre de la commémoration de la Journée internationale des droits des femmes. Occasion pour elle de revenir, dans son intervention, sur la mission qui lui a été assignée dans le cadre de son mandat et les actions entamées pour mener à bien cette mission. Mlle Essilivi a par ailleurs évoqué la façon dont elle arrive à concilier ses études de médecine et ses activités associatives. Le débat, il faut le rappeler, était axé sur le thème « Comment mettre en évidence son leadership ?». Lisez.

Quels sont les missions à vous assignées pendant votre mandat de jeune femme leader 2020 ?

Avant de partager avec vous les missions qui me sont assignées, j’aimerais au prime abord vous expliquer ce que c’est que la jeune femme leader de l’année.  En effet, depuis 2013, se tient au Togo, une fois par an, une rencontre nationale et annuelle de promotion du leadership féminin au nom du Sommet National du Leadership Féminin (SNLF). Pendant cette rencontre, toutes les activités phares réalisées au Togo et identifiées dans le domaine du genre et du leadership des femmes sont reconnues. A l’issue de ce Sommet, est élue une Jeune Femme Leader (Nyonufia JFL) représentant les filles et jeunes femmes du Togo pour un mandat social d’un an, au titre de la MISSION-JFL. Je suis la 6ème  tête couronnée. Le Programme Nyonufia JFL se veut un pôle de référence en termes de promotion du leadership des filles et des jeunes femmes au Togo.

Pour cette année, il a été démontré lors du Sommet où j’ai été élue (par la DG du FAIEJ et la Ministre Myriam DOSSOU qui y étaient les personnes ressources), que l’auto-développement des jeunes est une étape capitale de leur contribution au développement de leurs communautés et partant, de leur pays. Le projet de notre mandat a été défini à partir de là, et a pour objectif de promouvoir au sein de la jeunesse togolaise, des valeurs patriotiques et des valeurs citoyennes tel l’engagement citoyen et l’esprit coopératif. La JFL-2020 a donc comme défi, pour son mandat de « Former et accompagner, 780 jeunes togolaises et togolais des 39 préfectures, à travers deux associations par préfecture, en entrepreneuriat collectif et engagement communautaire ».

Qu’auriez-vous à faire plus précisément ?

Au cours de notre mandat, nous aurons à développer au sein de la jeunesse des valeurs patriotiques et des valeurs citoyennes parce qu’il faut reconnaître qu’un bon leader, c’est cette personne qui essaye de préparer la génération future et d’apporter aussi à sa nation  un plus, une pierre à l’édifice. Donc la communauté Nyonufia s’est lancé pour son mandat de faire d’au moins 780 jeunes de toutes les régions sur toute l’étendue du territoire togolais des bâtisseurs de leurs entreprise de leurs finances  . La première étape vient d’être bouclée, il s’agit de l’enroulement des associations que nous effectué début janvier. Il s’est agi d’un appel à candidatures aux associations de jeunes et/ou de jeunesse. Après l’étude préalable, les associations sélectionnées seront formées par des personnes ressources venant du ministère du Développement à la base, du FAIEJ, de l’ONG PPDC-Africa et autres formateurs d’autres structures intéressés à accompagner ce projet.

Les modules de formation tournent essentiellement autour de l’entreprenariat collectif et le développement communautaire. A la suite de la formation, les associations de jeunes auront pour mission de mener une activité d’engagement communautaire (s’associer pour construire une latrine, arranger une route ….) ou un projet d’entreprenariat collectif (lancer une entreprise collective de production, de distribution, agricole, artisanal, digital, recyclage…..) qui va générer aux membres coopérateurs, des ressources en monnaie sonnante et trébuchante (sourire)

A la fin, nous allons organiser un hackathon pour primer les meilleurs projets. Les 7 projets qui ont plus d’impact seront primés au cours du sommet national du leadership féminin 2021, et accompagnés à travers évidemment le dispositif du FAIEJ, pour leur consolidation.

Nous comptons aussi effectuer une étude sur le degré d’engagement communautaire des jeunes togolais. Un questionnaire sera administré aux jeunes eux-mêmes ,les parents, les maires, les dirigeants et nous produirons à la fin un document détaillé qui pourra servir dans les programmes de formation et de développement du leadership des jeunes.

En complément à l’étude et à la formation sur l’engagement communautaire, nous tenons le forum mensuel de discussion-genre, un cadre physique d’échange et de formation avec les jeunes et les adultes (parents, représentants étatiques…) où ensemble nous discutons à propos des thématiques qui ont très aux relations humaines entre hommes et femmes, en vie privée et professionnelle. Les 12 fora prévus pour notre mandat sont essentiellement orientés sur la thématique du mandat. Nous avons déjà réalisé 4 fora à Dapaong, Lomé, Kara et Sokodé. Le prochain, c’est dans les plateaux (Kpalimé ou Atakpamé). L’objectifs et de toucher les leaders d’associations de toutes les régions avant le SNLF 2021 et produire à travers les échanges, des réponses adéquates aux problèmes récurrents intergénérationnel ou de participation citoyenne.

Comment vous arrivez à concilier les études de médecine et vos activités associatives ?

La réussite de toute activité requiert une bonne planification. Un plan d’action pour l’orientation, la gestion rationnelle des activités. C’est la bonne organisation pour reconnaitre qu’avant de réussir une activité il faut la planifier. Donc au niveau de la communauté Nyonufia, nous planifions nos activités par mois et par semaine. Pour chaque semaine, je sais ce que je dois faire dans la communauté Nyonufia et quel temps je dois consacrer à ma vie privée et à mes études.

Certes ce n’est pas simple de tout concilier, notamment les études de médecine qui demande assez de sacrifices et de temps, les activités pour la communauté et d’autres activités associatives. J’avoue que ce n’est pas simple, mais ce qui m’aide c’est la bonne planification et la concentration. Dans nos principes, en dehors de quelques improvisations, ce qui n’est pas planifié n’a pas le droit d’être réalisé. C’est la leçon que nous impose la structure de coordination, PPDC-Africa, et nous trouvons que ça forge nos vies.

Je ne travaille pas seule. Le travail est rigoureusement planifié et mis en œuvre en équipe. Nous formons un genre de Comité Directeur de la Communauté Nyonufia pour l’année. Le Team work. Le mandat est organisé en 30 actions avec 35 résultats à atteindre. Nous avons compris qu’il faut nous-mêmes démontrer l’exemplarité. L’équipe, c’est la force. Avec moi, 2 dauphines et 5 ambassadrices dont une par région.  On a reçu la même formation et on a le même encadrement. Par exemple la dernière fois nous avons plusieurs sollicitations au même moment, on s’est organisé et quand moi je suis ici, la 1ère dauphine ou la deuxième sont ailleurs, ou une ambassadrice.

Que faites-vous personnellement pour mener à bien ces missions ?

Sans Dieu rien, n’est possible, selon ma foi. Donc je prie. Je suis guidée aussi par mes rêves. Gros rêves, grosses exigences et gros entrainements. Et j’apprends chaque jour, ce qu’il me faut pour y arriver. Pour intégrer un organisme international comme l’OMS ou l’ONU, je reconnais qu’il faut être travailleur, donc je ne perds pas de temps dans les relations et activités qui ne m’apportent rien. Ce programme Nyonufia JFL, je le vois comme un instrument d’apprentissage à l’entrepreneuriat et à la Gouvernance. Je travaille beaucoup, je lis beaucoup. Et j’aborde mes grandes sœurs JFL et les femmes d’influence pour prendre des conseils, et ça marche.

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