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Togo : Des délégués syndicaux et du personnel des mines, de la Zone franche et des BTP à l’école des conventions 155, 167 et 176 de l’OIT

(Société Civile Médias) – Adoptées respectivement en 1981, 1988 et 1995, les conventions 155, 167 et 176 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) ont pour objectif de protéger les travailleurs sur leurs différents lieux de travail. Malheureusement, elles n’ont pas encore été ratifiées par le Togo et sont également très peu connues des acteurs et très peu respectées. Des insuffisances que le Syndicat Démocratique des Mines (SYDEMINES) veut combler. En collaboration avec l’ONG Solidarité et Action pour le Développement Durable (SADD), il a outillé des délégués syndicaux et des délégués du personnel des secteurs des mines, de la Zone franche industrielle et des BTP du Togo sur l’importance des conventions 155, 167 et 176 de l’OIT.

L’idée est de contribuer à réduire les accidents de travail et prévenir les travailleurs togolais de ces secteurs contre les maladies professionnelles.

En effet, à en croire le SYDEMINES, dans les mines, la Zone franche et les BTP, les conditions de sécurité et santé au travail ne sont pas à la hauteur des risques et dangers sur les lieux de travail.

« Dans ces secteurs, très peu d’entreprises respectent les visites médicales. Aussi, les équipements de protection individuels sont rares et très souvent inadaptés et refusés pour la plupart du temps aux travailleurs dits contractuels et qui malheureusement payent de lourd tribut en cas d’accident de travail », déplore Messan Sedonou, Secrétaire général adjoint de l’organisation.

Lire aussi : Togo : SADD et SYDEMINES explorent de nouvelles pistes pour un dialogue social réussi dans le secteur des mines

A titre illustratif, pour ce qui concerne le secteur des mines, entre de 2015 et 2017, 6 des 8 victimes d’accident mortel (chute de plus de 15 mètres de haut, un travailleur broyé par un convoyeur ou encore l’explosion de citerne à fuel-oil) à WACEM sont des contractuels. Aussi, en novembre 2019, un travailleur de SCANTOGO a été sévèrement blessé au bras par un convoyeur et en décembre 2018 un autre accident de convoyeur a causé la fracture du bras d’un mécanicien. Par ailleurs, la crise de la Covid-19 a montré la vulnérabilité de beaucoup de travailleurs avec des clusters à WACEM, SCANTOGO et SNPT. Autant d’exemples régulièrement signalés également dans les secteurs de la ZFI et des BTP.

Pour le SYDEMINES, ces secteurs requièrent une attention particulière en matière de protection sociale et de sécurité et santé au travail.

Lire l’article : Togo : SADD et SYDEMINES pour une liberté syndicale optimale dans les mines

Mieux protéger les travailleurs de ces trois secteurs

Alors que le Togo n’a pas encore ratifié les trois textes susmentionnés et que ceux-ci sont très peu connus des acteurs et très peu respectées, l’atelier de renforcement de capacités organisé par le SYDEMINES et SADD les 29 et 30 novembre visait à amener les 26 délégués du personnel et délégués syndicaux des secteurs des mines, du BTP et de la ZFI à avoir une parfaite maitrise de l’objectif des conventions 176, 167 et 155 ainsi que leurs champs d’applications. Il s’agissait aussi de les sensibiliser à faire de la sécurité et santé au travail une priorité de tous les jours.

« Ils ont aussi été entretenus sur l’importance d’engager des plaidoyers et des actions en vue de la ratification et de la mise en application des conventions 155 ; 167 et 176 de l’OIT », précise le secrétaire général adjoint du SYDEMINES.

Selon l’OIT, chaque jour, des personnes meurent des suites d’accidents du travail ou de maladies professionnelles. Chaque année, au moins 1,9 million de décès sont enregistrés dans le monde. En outre, il y a chaque année 360 millions d’accidents du travail non mortels mais qui entraînant plusieurs jours d’arrêt de travail.

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