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Togo – JEA 2022 : L’ICJ-VE interpelle les acteurs sur les défis en matière de pratiques néfastes affectant les enfants

(Société Civile Médias) – Initiative Citoyenne des Jeunes la Voix des Enfants (ICJ-VE) interpelle le gouvernement et les acteurs togolais. Alors qu’est commémorée, ce jeudi 16 juin, la 32e Journée de l’enfant africain (JEA) autour du thème « Élimination des pratiques néfastes affectant les enfants : Progrès sur les politiques et pratiques depuis 2013 », cette association tient à rappeler aux autorités que certaines pratiques néfastes affectant les enfants comme les mutilations génitales féminines (MGF) ou encore les mariages forcés et précoces ont la peau dure en dépit des efforts consentis pour les éradiquer.

D’après Samiroudine Ouro Sama, président de l’ICJ-VE, par la Déclaration de Notsè adoptée en juin 2013, les chefs traditionnels et religieux se sont engagés notamment à mettre fin aux pratiques sociales et culturelles néfastes affectant l’enfant, y compris les mariages précoces et forcés et les grossesses précoces.

« Toutefois, en dépit d’un engagement additionnel pris en 2016 sur le mariage des enfants, ces derniers ne sont toujours pas totalement à l’abri de ces pratiques néfastes », déplore M. Ouro Sama au cours d’une conférence de presse qui a permis à son association de lancer les activités que prévoit mener la Journée du 16 juin.

L’ICJ-VE tient toutefois à saluer les efforts déployés par les autorités à divers niveaux comme la réduction du séjour des enfants dans les couvents lors des rites initiatiques (quarante-cinq jours au lieu de trois mois), la fréquence dans l’enregistrement des naissances, l’application de l’interdiction des châtiments corporels dans les écoles etc.

Photo de famille après la conférence de presse tenue en présence de l’Honorable Innocent Kagbara

Cependant, l’association rappelle que de nombreux défis restent à relever. Ces défis, à en croire Samiroudine Ouro Sama, concernent notamment les réticences au changement face aux pratiques des mariages précoces; les trafics d’enfants; les grossesses précoces; la préférence pour les garçons; l’utilisation des enfants dans la mendicité forcée; le travail servile et l’exploitation sexuelle; la violence contre les enfants handicapés et les enfants albinos; ou encore la violence sur les enfants accusés de sorcellerie.

« la commémoration de la Journée de l’Enfant Africain de cette année est une opportunité pour nous tous d’entreprendre des actions de plaidoyer auprès des autorités publiques, des organisations de la société civile, y compris les organisations confessionnelles ; des médias et d’autres acteurs pour une plus grande mobilisation en faveur de la réalisation des droits des enfants contre les pratiques néfastes au Togo. L’interdiction légale explicite donne une assise solide pour prévenir et répondre aux pratiques néfastes et protéger ceux qui sont en danger et combattre l’impunité. Mais pour être efficace la législation doit être soutenue par un processus participatif et multidimensionnel de mise en œuvre nationale qui comprend : des initiatives d’information et de sensibilisation ; des services disponibles et accessibles ; des institutions actives ; et un large mouvement de mobilisation sociale », indique le président de l’ICJ-VE.

En plus de la conférence de presse organisée à la veille de la commémoration de la 32e Journée de l’enfant africain, l’association prévoit une grande séance de sensibilisation dans la préfecture de Kévé. Cette activité sera l’occasion de sensibiliser les parents sur le rôle prépondérant qu’ils doivent jouer dans l’éducation de leurs enfants. L’ICJ-VE prévoit également une grande campagne digital de sensibilisation sur les différentes formes de pratiques néfastes, sociales et culturelles affectant les enfants. L’objectif est d’attirer l’attention de tous les acteurs et les éclairer sur le rôle qu’ils doivent pour éliminer ces pratiques.

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