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Madagascar : l’avortement clandestin, deuxième cause de décès maternels selon une grande enquête

(Société Civile Médias) – A Madagascar, la loi sur l’avortement est l’une des plus restrictives au monde. Dans ce pays, interrompre volontairement une grossesse est considéré comme un crime, puni par le Code pénal hérité du code napoléonien de 1810. « Quiconque pratiquerait l’avortement encourt jusqu’à dix ans de prison et les femmes qui y ont recours jusqu’à deux ans d’emprisonnement », stipule l’article 317. Cette loi est appliquée sans exception, même en cas de viol, inceste ou lorsque la vie de la femme est en danger.

Une organisation de la société civile du nom de « Nifin’Akanga » qui lutte en faveur de la dépénalisation de l’avortement a effectuée dans les 6 chefs-lieux de province de Madagascar une grande enquête sur les pratiques de l’avortement. Selon les résultats de l’enquête rendus publics il y a quelques jours, des centaines de femmes ont recours chaque année à des avortements clandestins et, la plupart en meurent.

Pour le mouvement Nifin’Akanga, le moment de légaliser l’avortement sécurisé pour toutes est arrivé.

« Il n’y a pas plus de jeunes femmes que de femmes plus âgées. Toutes les femmes avortent sans distinction de classe sociale ou d’âge. Des grossesses non désirées il y en a dans tous les couples parce que cette enquête a montré que le profil type de la femme qui avorte c’est une femme qui vit dans un couple stable, qui a déjà des enfants, qui a fait des études. Elle prouve que beaucoup de femmes avortent et donc la loi n’a aucun sens. Elle est bafouée. Donc le droit est faible. Cette loi ne sert à rien, il est temps de la changer », soutient Kemba Ranavela, co-fondatrice du mouvement Nifin’Akanga citée par rfi.

Selon l’étude, 52 % des avortements se font dans des endroits inappropriés comme le domicile des femmes ou chez des praticiens et 31% sont pratiqués par des personnes n’ayant reçu aucune formation médicale.

Les femmes interrogées dans le cadre de cette enquête ont affirmé avoir eu recours à l’avortement soit parce que la grossesse est arrivée trop tôt ou qu’elle n’est pas voulue. D’où l’importance, pour Nifin’Akanga, de reconnaitre l’échec de la contraception et le manque d’éducation sexuelle dans le pays. Alors que ce mouvement se bat pour la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse, devenue un sujet majeur de santé publique, les contraintes culturelles et religieuses rendent encore ce sujet tabou.

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