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Côte d’Ivoire – Agroécologie : Les bienfaits du biochar passés au crible par Eco-Impact et d’autres organisations d’Afrique francophone

(Société Civile Médias) – Considéré comme un élément essentiel de l’agriculture biologique, le biochar est de plus en plus utilisé en agroécologie. Ses impacts sur l’amélioration de la fertilité des sols tropicaux confrontés à une forte dégradation, ne sont plus à démontrer. A Bouaké (Côte d’Ivoire), Eco-Impact et d’autres organisations et acteurs de 10 pays francophones œuvrant dans l’agroécologie, ont échangé leurs savoirs et savoir-faire sur la production et l’emploi du biochar pour les sols. Ce fut au cours d’une formation collaborative organisée par l’Initiatives Climat Afrique Francophone (ICAF).

La rencontre s’est tenue du 13 au 17 juillet dernier et a réuni 25 participants. Il s’agissait pour l’essentiel de têtes de réseaux, notamment de formateurs en agroécologie, de responsables d’organismes d’appui aux agriculteurs, de représentants d’organisations de la société civile et d’entrepreneurs verts de plusieurs pays d’Afrique francophone qui fabriquent et emploient le biochar pour l’amendement des sols et pour conduire des projets en lien avec la recherche de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Lire aussi : Agroécologie : 28 producteurs de la Coopérative ‘‘Espoir’’ de Tannou formés par Eco-Impact et la CPC-Togo

Jean-Charles Sossou durant sa présentation

Le biochar passé au peigne fin

Pendant 5 jours, les participants à la formation ont eu, essentiellement, à approfondir les techniques de fabrication et de préparation d’amendements à base de biochar.

Obtenu par décomposition thermique de biomasses telles que le bois, le fumier ou les feuilles, le biochar est utilisé comme amendement et permet d’améliorer les fonctions du sol et de réduire les émissions de la biomasse qui, autrement, se dégraderait naturellement en gaz à effet de serre. Des essais d’utilisation de ce matériau, menés dans différentes régions du monde, montrent des résultats positifs sur les rendements agricoles. D’où la nécessité de s’en servir dans les pratiques agroécologiques.

A la rencontre de Bouaké, le biochar a donc été passé au crible par le biais d’ateliers théoriques et pratiques, notamment ses propriétés, sa fabrication, son emploi, ses effets sur la qualité des engrais organiques (Bokashi, Compost) et du sol.

Démonstration de l’utilisation de biochar

Invité par l’ICAF, Jean-Charles Sossou, expert agroécologiste et président de l’association Eco-Impact du Togo, a entretenu les participants sur le thème ‘‘La valorisation de la matière organique par traitement thermique : le biochar et son utilisation’’. Une présentation qui lui a permis d’éclairer les bénéficiaires de la formation sur ce qu’est le biochar, ses rôles et modes d’utilisation.

 « Le Biochar est un charbon d’origine végétale obtenu par pyrolyse de biomasse des matières organiques d’origine diverse (débris végétaux, résidus agricoles, Fumier, copeaux de noix de coco, copeaux ou sciure de bois, balle de riz, rafle de maïs…).  De manière conventionnelle, le terme biochar désigne toute matière organique carbonisée dans l’intérêt de l’appliquer au sol ou de séquestrer le carbone », a-t-il fait savoir. « C’est un élément qui contribue à réduire les émissions des gaz nocifs, à améliorer la texture et la structure du sol, à piéger les métaux lourds, à gérer efficacement l’eau d’arrosage au champ, à développer les colonies de microorganismes… et donc aide aussi à renforcer la résilience des populations et des communautés dans la lutte contre les changements climatiques », indique M. Sossou.

Démonstration application Biochar en pépinière

Au cours de sa communication, le président d’Eco-Impact a également eu à présenter les différentes techniques de production et d’emploi du biochar. Il a aussi partagé leurs expériences dans la diffusion du biochar auprès de divers bénéficiaires comme les producteurs agricoles (paysans), les maraîchers, les coopératives agricoles, les responsables d’exploitations et de fermes avec leur association et leur centre dénommé Elikem. Celles-ci sont diffusées notamment auprès de groupes de femmes.

Des participants du Bénin, Cameroun, Sénégal, Congo Brazza, La République Démocratique de Congo (RDC) ou encore Tchad ont également partagé leurs expériences et les réussites obtenues en matière d’utilisation du biochar dans leurs pays. Des participants du Bénin ont, par exemple, démontré l’utilité de l’emploi de cet amendement dans le cadre d’une expérimentation autour de la culture de la pastèque. Les premiers résultats montrent une augmentation spectaculaire des rendements.

Visite de terrain pour échange dans l’application et les résultats du biochar

Un autre du Cameroun a présenté un projet d’utilisation du biochar pour l’amendement et l’amélioration de la fertilité des sols dégradés du nord de son pays. L’expérience, faite sur un terrain de deux hectares, a abouti à des premiers résultats encourageants.

Par ailleurs, un atelier ouvert au public s’est tenu à la mairie de Bouaké, occasion pour ses responsables de présenter le projet « Bouaké, ville durable ». La formation collaborative s’est achevée avec des sorties de terrain, notamment la visite d’une exploitation agroécologique et celle de réalisations de la ville de Bouaké en lien avec le développement durable.

Lire aussi : Togo : “Eco Impact” outille les formateurs endogènes et les acteurs du domaine agricole et environnemental sur les pratiques agroécologiques

Bref aperçu sur l’ICAF

L’ICAF est un réseau qui fait la promotion des initiatives qui contribuent à la lutte contre les changements climatiques. Il favorise une meilleure connaissance et la collaboration entre les transferts de technologie, de diffusion d’informations et d’échanges d’expériences entre les acteurs.

Renforcer les actions de capitalisation du programme Initiatives Climat ; mutualiser les compétences et les savoir-faire entre les acteurs (lauréats et nominés de ICAF) ; faciliter le transfert de compétences, l’innovation et la créativité dans les actions d’adaptation et de résilience au changement climatique, tels sont, entre autres, ses objectifs.

Visite a la ferme Malabro

L’ICAF intervient dans 15 pays d’Afrique francophone, dont le Togo. Les correspondants-pays sont ses représentants dans leurs pays respectifs.

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