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Traite d’êtres humains: La CETA et l’OOAM appellent à trouver une solution durable

(Société Civile Média) – La Journée mondiale de la lutte contre la traite d’êtres humains a été célébrée ce 30 juillet. Occasion pour la Conférence des Eglises de Toute l’Afrique (CETA) et l’Observatoire Ouest Africain des Migrations (OOAM) d’attirer une fois encore l’attention des uns et des autres sur ce phénomène et d’appeler à lui trouver une solution durable. C’était à travers un communiqué de presse dont l’agence Société Civile Média a obtenu copie. Lecture !

La Conférence des Eglises de Toute l’Afrique et l’Observatoire Ouest Africain des Migrations en appellent aux efforts de tous contre la traite des êtres humains

La célébration de la journée mondiale de la lutte contre la traite d’êtres humains, ce 30 juillet 2017, offre l’occasion à la Conférence des Eglises de Toute l’Afrique (CETA) et l’Observatoire Ouest Africain des Migrations (OOAM) d’exprimer leur compassion à toutes les victimes d’exploitation humaine de par le monde et en Afrique en particulier. Aucune âme humaine ne peut, consciemment, rester insensible au drame que constitue le travail forcé, le trafic des organes humains ou l’exploitation sexuelle d’un humain par un autre pour en tirer profit. Les Eglises de toute l’Afrique et les organisations membres de l’Observatoire Ouest Africain des Migrations ne cessent de recueillir des témoignages d’hommes, de femmes et d’enfants, transformés en esclaves domestiques, exploités dans les usines, dans les fermes agricoles, dans les conflits armés, forcés à la prostitution, à la pornographie ou à mendier contre leur volonté.

Il est souvent difficile d’imaginer la façon atroce dont des êtres humains maltraitent d’autres humains dans les maisons, les entreprises, les champs, sur les routes en Afrique et hors du continent. La faim, le manque d’emploi, les mauvaises récoltes et la précarité contraignent un nombre croissant de familles à  vendre leurs enfants sans suivre les procédures officielles d’adoption ou à contraindre leur fille au mariage sans leur consentement. Les guerres et les catastrophes naturelles amènent des millions d’hommes, de femmes et d’enfants, en Afrique et partout dans le monde, à se retrouver en situation vulnérable en tant que réfugiés ou déplacés internes, les obligeant à accepter toutes les formes possibles d’exploitation pour survivre. Au nom de l’éthique propre à toutes les sociétés humaines et de la foi qui anime tout croyant, la Conférence des Eglises de Toute l’Afrique et l’Observatoire Ouest Africain des Migrations en appellent aux personnes, profitant de l’exploitation d’un être humain, à bannir un tel crime que condamnent aussi bien les religions que la morale laïque.

Les Eglises de toute l’Afrique et les organisations membres de l’Observatoire Ouest Africain des Migrations n’ont de cesse de mener des actions de prévention, de protection et d’assistance humanitaire à l’endroit des victimes de la traite. De par leur ancrage communautaire, les églises offrent souvent le meilleur espace pour sensibiliser les communautés contre la vente de leurs fils et filles à des fins d’exploitation dans les campagnes, les villes et hors de leur pays d’origine. Au regard de la complexité du phénomène de traite et de la nature criminelle des personnes et organisations qui en profitent, la Conférence des Eglises de Toute l’Afrique et l’Observatoire Ouest Africain des Migrations lancent un appel aux Etats africains pour plus d’efficacité dans leurs actions de répression de ces organisations et personnes, en évitant de criminaliser les victimes et leur communauté. En outre, les Etats africains se doivent plus que jamais de consacrer plus d’attention à la réinsertion dans leur pays d’origine des victimes de traite à leur retour.

Le caractère régional et transcontinental de la traite des hommes, des femmes et enfants africains, amène la Conférence des Eglises de Toute l’Afrique et l’Observatoire Ouest Africain des Migrations, à en appeler aux communautés économiques régionales (CEDEAO, CEAC, IGAD, EAC, SADC etc.) et à l’Union Africaine pour intensifier la coopération régionale ; et parvenir à des accords avec leurs homologues d’Europe et du Moyen Orient ; afin d’assurer le respect des droits des travailleurs migrants africains exploités dans ces zones. La Conférence des Eglises de Toute l’Afrique et l’Observatoire Ouest Africain des Migrations, tout en saluant les efforts faits par les Etats africains pour renforcer leur législation contre la traite des personnes et le trafic des migrants, tiennent à manifester leurs vives préoccupations sur la criminalisation des transporteurs et des citoyens africains exerçant leur droit à la libre circulation dans les espaces régionaux du continent. Cette criminalisation, fruit en partie des pressions de l’Union Européenne sur certains pays africains à l’issue du sommet de la Valette, ne peut qu’amener à l’ouverture de routes migratoires plus périlleuses et renforcer le recours aux trafiquants faute de voies légales offertes aux Africains pour exercer leur droit à la mobilité.

Pour la Conférence des Eglises de Toute l’Afrique et l’Observatoire Ouest Africain des Migrations, une solution durable à la traite des êtres humains est à trouver dans la promotion de la justice économique et sociale au niveau national et international et celle des valeurs démocratiques qui permettraient à toute personne d’avoir un emploi décent pour nourrir sa famille et soutenir l’éducation de ses enfants par une utilisation équitable des ressources. La traite des êtres humains ne saurait être combattue sans que ne soient facilités la régularisation des travailleurs migrants et le respect de leurs droits partout où ils exercent leurs activités professionnelles, sans la fin du système de « Khafala » dans les pays du Moyen-Orient et sans des actions fortes contre la demande de prostituées et de main d’œuvre corvéable à merci dans les pays de destination. La Conférence des Eglises de Toute l’Afrique et l’Observatoire Ouest Africain des Migrations rappellent que la lutte contre la traite des êtres humains se doit d’être de notre responsabilité à tous au niveau individuel, dans nos familles, dans nos communautés, dans nos pays, au niveau régional et international car tous les êtres humains méritent respect et compassion.

Contact Presse :

Révérend Professeur BOSELA EALE , Conférence des Eglises de Toute l’Afrique, Nairobi -KENYA email : boselaeale@aacc-ceta.org  

ABI Samir, Observatoire Ouest Africain des Migrations, Lomé-TOGO

 email : samir.abi@obsmigration.org

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