Togo : WILDAF-AO et le GF2D plaident pour 50% de femmes dans les instances décisionnelles

Dans le monde, seulement 23% de femmes sont au niveau des instances de décision alors qu'elles représentent 52%

Jean de Dieu SOVON
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(Société Civile Médias) – Le Togo compte moins de 30% de femmes dans la plupart de ses institutions, avec notamment 33% de femmes dans le gouvernement actuel, moins de 30% à l’Assemblée nationale et 12% de femmes maires. Une faible représentativité dans les instances de prise de décisions qui inquiète de plus en plus les organisations œuvrant pour la promotion de la femme. C’est dans ce cadre que WiLDAF Afrique de l’Ouest, à travers le « Mouvement 50% » et avec l’appui du GF2D et d’autres organisations venues du Sénégal, ont mené une mission de solidarité et de plaidoyer au Togo. Le point de cette mission de trois jours a été fait aux médias le jeudi 13 juin 2024 à Lomé.

Cette rencontre avec la presse avait pour objectif de donner une plus grande visibilité à la tournée de plaidoyer, effectuée les 10, 11 et 12 juin 2024, pour favoriser la participation  politique des femmes au Togo et partager avec l’ensemble de la population les grandes décisions issues de cette tournée.

En effet, malgré les nombreux engagements pris par le Togo à différents niveaux pour la parité 50-50, force est de constater que la réalité est tout autre. Ces organisations féminines entendent donc œuvrer pour inverser cette tendance qui ne fait pas avancer la cause des femmes. 

« Nous savons que le Togo a pris des engagements au niveau international, régional et sous-régional pour promouvoir les femmes dans les instances de prise de décisions. Ces engagements l’obligent à faire en sorte qu’on ait 50% de femmes et 50% d’hommes dans les instances décisionnelles. C’est pour ça que nous avons initié le Mouvement 50% pour pouvoir mener ce plaidoyer au Togo, mais également dans les autres pays d’Afrique de l’Ouest », explique Michelle Aguey, secrétaire générale du GF2D.

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La conférence de presse a donc permis aux initiatrices du mouvement de faire le point de la tournée de plaidoyer au Togo ; d’informer et de sensibiliser sur les enjeux de la participation politique des femmes dans le pays et de mobiliser et obtenir le soutien de la société civile, des médias et du public togolais pour qu’ils appuient les initiatives en vue d’amener l’Etat togolais à accéder aux demandes qui ont  été faites au cours de la tournée. 

Les représentant-e-s des diverses organisations à la table d’honneur

Pour Fatou Thiam, présidente de la commission scientifique de l’association des femmes juristes du Sénégal, il n’y a que 23% de femmes qui sont au niveau des instances de décision, alors que les femmes, par rapport à la population mondiale, représentent 52%. Elle soutient donc qu’il y a des défis à relever par rapport à l’égalité des sexes, mais aussi par rapport à la participation politique qui est un aspect de l’égalité des sexes.

« Au niveau mondial, il y a des instruments qui promeuvent la participation égalitaire des femmes et des hommes aux instances de décision. Mais malheureusement, ce qui reste, c’est l’effectivité de ces instruments-là, leur application effective au niveau de nos États. Ils sont partis signer et gratifier ces instruments, se sont engagés à réaliser, à concrétiser ces instruments qui promeuvent les droits des femmes, en particulier la participation politique. Malheureusement ils ne prennent pas les mesures efficaces pour parvenir à cette égalité, pour parvenir à cette parité homme-femme dans les instances de décision », déplore t-elle.

Ainsi donc, à travers ces rencontres de plaidoyer, ces organisations veulent informer et sensibiliser les femmes, jeunes filles et les couches minoritaires de femmes sur la participation politique des femmes. Elles attirent aussi l’attention des décideurs et acteurs qui ont un rôle à jouer dans la mise en œuvre effective de la participation des femmes en politique et appellent les décideurs à travailler au respect des normes existantes à l’évolution et à la concrétisation des ambitions vers la participation paritaire des hommes et femmes dans la vie politique.

A l’issue des discussions avec ces différents acteurs, des recommandations ont été formulées à l’endroit des institutions étatiques y compris le ministère en charge de la promotion de la femme ; des leaders des partis politiques et de la société civile.